Ce circuit de taille moyenne est le meilleur choix pour découvrir à la fois le patrimoine du quartier du Castera, les charmes du plateau calcaire de Latresne et les anciens marais ou palus de la Garonne.
Les anciens marais sont le résultat de terres gagnées au fil des siècles sur le fleuve. C’est une zone humide et marécageuse que l’homme n’a eu cesse de tenter de maîtriser et dont l'histoire est riche. Les coteaux sont parsemés de châteaux historiques et de vignobles. Le quartier du Castera quand à lui, garde encore les traces, pour qui sait les lire, de son riche passé.
FEUILLE DE ROUTE


Ancienne Poste
Privilège des citadins, la distribution du courrier à domicile ne concerne pas les millions de ruraux jusqu’au XIXe siècle. Il faut attendre la grande réforme postale de 1829 pour que bourgs et villages de France reçoivent la visite du facteur. D’abord, tous les deux jours, puis quotidiennement, en 1832. Pas un jour de repos pour ces facteurs rémunérés au kilomètre et qui parcourent en moyenne 27 km par jour par tous les temps en 1877. C’est seulement en 1893 qu’ils sont autorisés à prendre un jour de congé par mois. Recrutés parmi les anciens militaires, ils doivent savoir lire, écrire et être bons marcheurs!
A Latresne, le premier bureau de Poste situé 38 avenue de la Libération, est toujours là avec son enseigne sculptée “Postes & Télégraphes”.
Puis, vers 1930, un nouveau bureau de Poste est construit sur l’actuelle place de la mairie. C’est un remarquable bâtiment de style intermédiaire entre Art Nouveau et Art Déco. Sur son fronton est gravé “Poste - Télégraphes - Téléphones”. Sa façade est rythmée d’élégantes fenêtres surlignées de briquettes rouges et de faïence turquoise.

Manoir de la Salargue
Cette belle demeure, dite manoir de la Salargue, est une ancienne maison noble reconstruite au 17e siècle et restaurée à la fin du 2e quart du 19e siècle après un incendie survenu en 1845.
La belle tour d’escalier est la partie la plus vieille du manoir. Au-dessus de la porte figure un blason divisé en trois parties contenant chacune un étoile. Le tout est surmonté d’un reptile stylisé (dragon?) et d’une couronne. On retrouve ces armes sur un vitrail du manoir ainsi que sur une cheminée néo-gothique de la grande salle.
Le manoir sert actuellement de club-house au tennis de Latresne et de centre culturel. Les courts de tennis ont remplacé de grands bassins visibles sur le cadastre de 1815.

Croix
Croix de chemin en fer datant de la première moitié du 19e siècle, située au carrefour de quatre routes. A l’origine, cette croix était placée de l’autre côté de la route, sur une petite place arborée.
Cette croix représente les instruments de la Passion: en l'occurrence la croix ayant porté Jésus, la lance des gardes romains, la couronne d'épine portée par Jésus pendant son supplice, l'éponge imbibée de vinaigre au bout d'une branche, et le calice de l’agonie..
Jean Balde, femme-écrivain du début du XXe siècle ayant vécu à Latresne, écrit ces lignes: « Trois pas plus loin, étalant ses grandes devantures vitrées à un carrefour, en face d'une petite place en terrasse plantée de trois platanes et d'une croix en fer, un vaste établissement d'alimentation représentait dans le village l'activité et la vie moderne. »

Chapelle Saint-Joseph du Rocher
Contrairement à ce que laisse penser sa situation dominante à la plupart des passants, la chapelle Saint-Joseph-du-Rocher n’est pas l’église principale de Latresne. Elle a été construite au XIXe siècle par le Comte Henri de Bonneval, alors propriétaire du château de Latresne. La vieille église romane Saint-Aubin, est elle située dans le vieux bourg...
Au milieu du XIXe siècle, le comte de Bonneval fait construire à cet emplacement une école, une infirmerie et un oratoire pour les soeurs de la charité. Face à la détérioration de l’église romane et à sa position excentrée, le comte décide de construire une vraie église à la place de l’oratoire et de la proposer à la commune.
Mais par attachement à leur vieille église, ou par méfiance vis-à-vis d’un personnage puissant dont les motivations profondes ne sont pas clairement perçues, une majorité des paroissiens refusent en bloc le cadeau du comte.
Après plusieurs années de conflit, le comte, dégoûté, retire son offre de donation de la chapelle à la commune, vend l’ensemble de sa fondation aux Pères Jésuites et demande à son entourage de ne plus lui parler de ce qui se passe au Rocher.
Aujourd’hui la chapelle et ses bâtiments ont été réhabilités en logements privés.

Panorama
Très jolie vue sur la vallée de la Garonne et le plateau landais.

Maison du Gardien
Cette curieuse bâtisse est en fait l’ancienne maison du gardien du château Malherbes. Le gardien était chargé de surveiller le château et de s’occuper de certaines tâches quand le propriétaire était absent.
Sans doute édifiée au XIXe siècle, lorsque le propriétaire Pierre Nérac rénove une partie du château, cette petite maison est remarquable de par son aspect moyenâgeux évoquant les styles troubadour ou néo-gothique.

Joli point de vue
Magnifique vue sur la vallée de la Garonne.

Anciens marais
Latresne a vécu pendant des siècles au rythme du fleuve. La Garonne et la Pimpine ont dès l'antiquité été utilisées comme vecteur commercial pour acheminer les produits locaux vers Bordeaux. Latresne doit ainsi son implantation à la confluence de la Pimpine et de la Garonne.
Le lit de la Garonne ne s’est stabilisé qu’à partir du XXe siècle, principalement sous l’action de l’homme. Constructions de barrages en amont, dragages intensifs, consolidations des berges et mise en place de digues ont petit à petit obligé le fleuve à adopter un cours plus rectiligne, rompant avec les méandres et les nombreuses îles.
Les anciens marais, ou paluds, sont le résultat de ces terres gagnées au fil des siècles sur le fleuve. C’est une zone humide et marécageuse que l’homme n’a eu cesse de tenter de maîtriser. Asséchés à partir du XVIe siècle, les terres riches en alluvions ont attiré l’implantation de riches domaines. Au XVIIIe siècle, la palud était presque entièrement plantée en vignes, jusqu’à l’apparition du phylloxéra. Le XXe siècle verra les grandes voies de communication la traverser (D113, et voies ferrées) et les zones d’activité s’installer.

Ancienne route
Abandonnée dans la palud depuis des décennies, une ancienne route traverse les champs pour aujourd’hui aller butter contre la D113. Mais avant la création de la route départementale, elle dessinait une forme ovale énigmatique en plein marais pour aller rejoindre le chemin du Port de l’Homme et le quartier du Castera. Elle révèle en fait la présence d’une ancienne île disparue il y a fort longtemps dont cette route suivait les contours.
Aujourd’hui on peut encore voir ici une portion de cette vieille route, large et surélevée pour se protéger des inondations fréquentes dans ce milieu humide.

Ancienne chapelle Saint Pantaléon
Il y a fort longtemps existait ici une chapelle fondée par les religieux de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux. Elle est citée dans des textes dés 1251, ce qui fait remonter sa fondation au moins au XIIIe, mais vraisemblablement beaucoup plus tôt. Oubliée de tous depuis des siècles, ses maigres ruines gisent peut être aujourd’hui au milieu des vaches devant les bâtiments d’exploitation du domaine de Gauvry.
Situé au croisement du vieux chemin de Foussat et de la vieille route du Sud longeant le bas des coteaux, actuelle D10, son implantation n’est pas le fruit du hasard. Elle était dédiée à Saint-Pantaléon, médecin à la cour de l'empereur Maximien, mort en martyr en 303. Présent dans les plus anciens martyrologes, cette dédicace confirme bien sa fondation ancienne. Les églises dédiées à Saint-Pantaléon sont assez rares. Curieusement, une des seules de Gironde n’est pas loin: c’est la chapelle de Meynac sur la commune de Camblanes-et-Meynac, fondée au XIe siècle.

Ancienne voie ferrée
Le long chemin qui traverse la palud en ligne droite est l’ancienne voie ferrée de Bordeaux à La Sauve inaugurée en 1873. Ce train qui transportait aussi bien des marchandises que des passagers, parcourait 27 kilomètres en empruntant en grande partie la vallée de la Pimpine à partir de la gare du Castera à Latresne.
Aujourd’hui la ligne a été rachetée et transformée par le Conseil Général en voie verte, du bourg du Castera à Latresne jusqu’à Sauveterre-de-Guyenne. La portion restante entre Latresne et Bouliac est elle restée en l’état, les rails et les traverses ayant été retirés.
Mais ce que peu de gens savent, c’est qu’ici passait aussi une deuxième voie ferrée: le “Tramway” de Bordeaux à Cadillac qui transportait près de 1000 voyageurs par jour en 1897! Longeant la Garonne de Bordeaux jusqu’au port des Colinnes à Bouliac, il rejoignait alors la ligne de La Sauve en coupant à travers le marais. Si vous êtes attentifs vous pouvez encore voir sur la droite du chemin en allant vers Latresne, le talus qui portait cette deuxième ligne de chemin de fer.

Maison du garde-barrière
La création de la ligne Bordeaux-La Sauve en 1873 n’a pas pour autant été synonyme de création de garde-barrières aux passages à niveau sur le territoire de Latresne.
Les passages sont dangereux et les habitants se plaignent que les trains ne sifflent pas assez tôt pour signaler leur passage. Il faudra plusieurs accidents, dont certains mortels, pour que la compagnie d’Orléans mette enfin en place des garde-barrières en 1898, soit 25 ans après la création de la ligne !
La garde de la barrière était souvent confiée à une femme, épouse ou veuve d’un cheminot de la voie. Le confort de ces maisonnettes était réduit à leur plus simple expression: quatre petites pièces, pas de sanitaire ni d’eau courante ou d’électricité (parfois jusque dans les années 60). Seul un petit poêle à charbon assurait le chauffage de l’ensemble. Souvent ces maisons “jouet” possédaient un jardinet pour améliorer l’ordinaire par quelques légumes, et en élevant poules et lapins...
Sans parler de l’isolement, le quotidien de la garde-barrière était contraignant. Aux heures d’ouverture de la ligne, il lui était bien sûr interdit de quitter les lieux et sa responsabilité était totale en cas d’incident. Dès l'annonce d’un train, la garde-barrière devait tout quitter, casserole sur le feu, bébé dans le berceau, pour courir fermer la barrière !

La Pimpine
La Pimpine est une petite rivière qui prend sa source à Créon et vient se jeter dans la Garonne sur le territoire de Latresne. Avec un bassin versant d’une superficie de 51 km² dans l’Entre–Deux-Mers, la Pimpine parcourt 18 km au fond sa petite vallée, traversant le territoire des communes de Créon, Sadirac, Lignan, Cénac, Carignan-de-Bordeaux et Latresne.
Malgré son apparence actuelle de petit ruisseau, la Pimpine a dès l'antiquité été utilisée comme vecteur commercial pour acheminer la production locale vers la Garonne, puis vers Bordeaux. Latresne doit ainsi son implantation (et sans doute son nom) à la confluence de la Pimpine et de la Garonne.